31.01.2008

Activité

Vie du mouvement



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Synergies européennes - Décembre 2007 / Janvier 2008


SINT-PIETERS-LEEUW / PAYOTTENLAND :
Le 1er décembre 2007 s’est tenu le congrès annuel des associations identitaires, où a eu lieu un débat entre Alain Soral (ex-communiste devenu frontiste) et Eddy Hermy (ancien maoïste et ex-blokker en Flandre, qui appelle aujourd’hui à la restauration d’un nouveau solidarisme populaire) ; le débat entre ces deux personnalités fut animé par Robert Steuckers. Un rapport sur ce débat a été rédigé d’abord en langue néerlandaise (cf. 4 déc. 2007 sur http://euro-synergies.hautetfort.com ) puis a été traduit en français par Georges Hupin, président de la Bannière Terre & Peuple de Wallonie (cf. infra). L’intérêt du débat est de montrer l’inanité des oppositions entre anciennes gauches et anciennes droites face à un ennemi commun qui est le néo-libéralisme et la globalisation, perspective déjà mise en exergue par Roger Garaudy et Jean-Marie Domenach (revue Esprit), juste avant le scandale dit des « rouges/bruns », qui fut déclenché par Le Monde à Paris en 1993. L’établissement, avec ses « chiens de garde » étiquetés de « gauche » mais dépourvus de toute audace politique, pour reprendre la terminologie polémique de Serge Halimi, ne voulait pas de la convergence rêvée par Garaudy, déjà bien avant son exclusion du PCF, comme l’atteste d’ailleurs clairement son œuvre philosophique. Notons aussi que ce débat entre identitaires et anciens militants communistes et maoïstes, dans le beau Payottenland brabançon, suivait de quelques jours un débat analogue tenu à Vienne, sous les auspices de l’hebdomadaire zur Zeit, où le journaliste Dimitrij Grieb publiait simultanément un article d’introduction générale à la problématique du passage des anciens soixante-huitards dans le camp identitaire en Allemagne et en Autriche, suivi de deux entretiens : 1) avec l’ancien socialiste autrichien et secrétaire du Chancelier Kreisky, Günther Rehak (qui avait pris la parole avec Scrinzi et Steuckers à Vienne le 28 octobre 2007) ; et 2) avec le Prof. Bernd Rabehl, ancien bras droit de Rudi Dutschke.

LIMA / PEROU : Parution, le 2 décembre 2007, sur le blog du Professeur péruvien Eduardo Hernando Nieto d’un texte déjà ancien de Robert Steuckers consacré à la figure du frère d’Ernst Jünger, Friedrich-Georg. Intitulé en espagnol « La Perfeccion de la Tecnica : F. G. Jünger », ce texte est accessible sur le blog Nomos contra Anomos. Précisons que ce blog, d’un intérêt cardinal pour nous tous, recèle une véritable mine d’or d’articles sur Léo Strauss, Carl Schmitt, Erich Voegelin, Julius Evola, etc. Pour en savoir plus, se référer à la fiche que consacre l’encyclopédie « Wikipedia », version française, à la personnalité et l’œuvre d’E. H. Nieto. Le texte de Steuckers sur F. G. Jünger est une nouvelle mouture en langue castillane de son étude parue en 1992 dans l’Encyclopédie des Œuvres Philosophiques (PUF). Il avait aussi servi de base à un exposé lors de l’Université d’été du GRECE, près d’Aix-en-Provence, en 1991.

BRUXELLES : Pierre Emile Blairon, directeur de la
revue « Hyperborée », publiée en Provence, est venu animer un dîner-débat à Bruxelles, le 21 décembre 2007. Il a présenté les derniers numéros de sa publication, notamment le n°5, où Paul-Georges Sansonetti analyse les symboles et figures du Chaudron de Gundestrup ; Paul Catsaras évoque les sept degrés de l’ordre mithriaque. Le Professeur Jean Haudry, dans une contribution très fouillée, comme d’habitude, et intitulée « Du ciel de pierre au ciel dans la pierre », retrace les fondements même de la cosmogonie indo-européenne, à partir des recherches antérieures de Roth, Schmidt, Reichelt, Hopkins, Biezais, Maher, Arena, Huld, Lazzeroni, Crevatin, Gamkrelidze et Ivanov. Cette étude magistrale sera poursuivie dans les numéros prochains d’ « Hyperborée ». Alain Cagnat, dans la rubrique « Notre Europe », évoque de manière assez exhaustive et poignante « Chypre d’Aphrodite à Attila », déplorant le vandalisme effroyable qui a suivi l’invasion turque de l’île en 1974. Pierre Emile Blairon signe un article sur Jean Giono, avant de republier un article de cet écrivain provençal, titré « Le bourdonnement des abeilles ». Ludovic Dorant signe « De la signification véritable de la ‘tête de Maure’ du drapeau corse ». Lors de cette soirée bruxelloise du 21 décembre, Blairon a également présenté au public la thèse originale qui sous-tend son avant-dernier ouvrage : La Dame en signe blanc – Marie-Madeleine, la déesse des origines, où l’on trouve surtout une hypothèse nouvelle sur la bataille ayant opposé les légions romaines, réorganisées par Marius, aux Cimbres, Teutons et Ambrons dans la région d’Aix-en-Provence (Aquae Sextiae) en 102 av. notre ère. Cette soirée a servi à faire connaître également l’ouvrage de Paul-Georges Sansonetti, Chevalerie du Graal et Lumière de Gloire, paru à Menton en 2002 aux éditions Exèdre. La notion de « Lumière de Gloire », issue tant des traditions perses (« Kvarnah ») que du cycle arthurien, partiellement introduit par les cavaliers sarmates de Rome dans les Iles Britanniques, intéresse tous ceux qui, par tâtonnements successifs, entendent, à terme, relancer l’idéal des « Perséides » qui avait animé Marc. Eemans et René Baert, fondateurs, avant-guerre, de la revue Hermès. (service librairie à partir du site).

LILLE : Le 22 décembre 2007, à l’invitation de la Bannière Terre & Peuple de Flandre-Hainaut-Artois, présidée par Pierre Loubry, R. Steuckers a présenté, en la résumant, son étude parue sur les sites « be.altermedia.info » et « fravahr.com » consacrée à l’histoire, l’actualité et la géopolitique du fait iranien. Cette conférence solsticiale avait pour but de cerner l’enjeu de six faisceaux de faits relatifs à l’histoire iranienne :
  1. les prémisses proto-historiques de l’histoire iranienne » ;
  2. La constance territoriale de l’Empire perse (de -1600 à nos jours), avec la notion de périphérie septentrionale (la Bactrie) où se massaient, avant l’arrivée des Huns et des Turco-Mongols les peuples nomades indo-européens qui régénéraient l’Empire à intervalles réguliers ;
  3. La longue lutte entre Rome et les Parthes, puis entre la Perse et Byzance, jusqu’à l’épuisement de ces deux puissances et l’avènement de l’islam ;
  4. La conquête islamique de la Perse, de sa périphérie septentrionale jusqu’à la bataille de Talas en 751 ; le maintien d’une spécificité perse après cette conquête, avec les Samanides, les Bouyyides et Mahmoud de Ghazni ; la renaissance culturelle persane avec Ferdowsi, Omar Khayyam et la mystique de Sohrawardi ;
  5. Le XVIe siècle des Séfévides ;
  6. Le déclin définitif de l’ancienne puissance persane après Nader Shah Afschar (1729-1747).
La seconde partie de l’exposé concernait l’Iran moderne sous les Shahs de la dynastie Qadjar, les interventions britanniques et la volonté de Londres de n’autoriser aucune expansion persane en direction de l’Afghanistan dès 1837 ; le rôle subversif des Babis constitutionalistes soutenus par les Britanniques. Steuckers a ensuite évoqué la renaissance iranienne sous l’impulsion de Reza Khan Pahlavi, les événements très importants de la Seconde Guerre mondiale en Iran, le règne chahuté de son fils Mohammed Reza Shah Pahlavi avec l’affaire Mossadegh, la crise de l’OPEP, les projets de « révolution blanche », la révolution islamiste soutenue au départ par les Etats-Unis (ce que l’on a tendance à oublier aujourd’hui !!). Dans cette dernière partie de son exposé, M. Steuckers a surtout utilisé deux documents fort négligés par les historiens, observateurs et journalistes actuels : les mémoires du dernier Shah et celles de son ancien ministre de l’éducation Houchang Nahavandi, mort en exil à Bruxelles récemment.

BRUXELLES : Sous la direction de R. Steuckers, lecture critique, le 27 décembre 2007, pour quelques stagiaires bruxellois, liégeois et lillois, du petit livre de Régis Debray, « L’obscénité démocratique », où l’ancien compagnon du Che et ministre de Mitterrand, en dépit d’un charabia républicaniste français qui échauffe nos oreilles de bons Impériaux, plaide en faveur d’une majesté et de pompes étatiques, ce qui le rapproche de Carl Schmitt, grand avocat de la représentation et de la visibilité du pouvoir direct (et de l’Eglise dans sa « forme catholique »). Sans cette nécessaire visibilité, le pouvoir est occulté, devient « potestas indirecta », ce que Schmitt désapprouve, car derrière toute « potestas indirecta » il subodore complots et intrigues anti-démocratiques. Pour Debray, le pouvoir doit découler de l’assemblée, du parlement, du peuple et non pas de médias qui décident de ce qui est bon ou mauvais pour le bien public, en dehors de toute visibilité publique.

PARIS : Le 23 décembre 2007, le site consacré en France à l’œuvre politique du Président russe actuel, Vladimir Poutine, a repris in extenso le texte sur l’Iran de Robert Steuckers, affiché antérieurement sur « be.altermedia.info » et « fravahr.com » (rédigé par des Iraniens en exil).

LIEGE / VERVIERS :
Les stagiaires principautaires de l’école des cadres, animé cette fois par Luc Moulinat, ont eu pour lecture en novembre-décembre le travail de Matthieu Baumier, La démocratie totalitaire – Penser la modernité post-démocratique, paru aux Presses de la Renaissance en 2007. La teneur de cet ouvrage se situe bien dans le sillage de Bernanos, ce qui relie le travail de nos amis liégeois et verviétois à celui de nos amis du Brabant wallon (cf. infra). Pour Baumier, la post-démocratie, qui est notre régime monstrueux et irréaliste actuel, inverse le réel du monde et le réel de la Personne humaine, précipitant nos sociétés dans le vide et la vacuité totale.

BRUXELLES : Le 30 décembre 2007, Ivan de Duve lance sur le net une excellente recension du dernier livre de Jean Parvulesco, intitulé « Dans la forêt de Fontainebleau », que nous afficherons dès que possible sur notre propre site http://euro-synergies.hautetfort.com dans la rubrique consacrée à Jean Parvulesco. Le livre est paru aux éditions « Alexipharmaque ».

GAND : Dans les cercles « synergétistes » de Gand, fonctionnant en langue néerlandaise, les stagiaires ont étudié l’œuvre de Mircea Eliade, en particulier « Le sacré et le profane ». Selon les principes de fonctionnement, jadis mis au point par Philippe Banoy, les stagiaires doivent lire les classiques directement dans le texte, afin d’avoir des bases solides pour poursuivre ultérieurement leur quête intellectuelle. On apprend que le résultat du travail de nos amis gantois, soit une conférence sur Eliade clé sur porte, sera bientôt « exporté » à Leuven ! Viralité synergétiste oblige !

BUDAPEST : Le site hongrois www.antidogma.hu a publié le 29 décembre 2007 quelques extraits d’un entretien de R. Steuckers sur les événements et la géopolitique du Moyen et du Proche-Orient sous le titre de « Irany Mezopotàmia – Iszlam terfoglalàs az amerikai strategiai jà tszma tükrében ».

NANTES : Le site « voxnr.com », animé par l’infatigable Christian Bouchet, publie fin décembre trois textes issus des travaux de « Synergies Européennes » :
  1. La traduction française de l’entretien avec Bernd Rabehl, ancien bras droit de Rudi Dutschke à Berlin, qu’avait réalisé Dimitrij Grieb pour l’hebdomadaire viennois « zur Zeit » ;
  2. L’excellent texte de l’orientaliste flamand, qui signe la rubrique « Ex Oriente Lux » dans l’hebdomadaire anversois « ‘t Pallieterke », sur les Sikhs et la Khalsa ;
  3. L’article historique de Saverio Borgheresi sur la conquête américaine des Philippines, paru préalablement dans le quotidien romain « Rinascita » (dont M. Bouchet est le correspondant en France).

BRABANT WALLON : Dans ce « Roman Païs » de l’ancien duché impérial du Brabant, sous la dynamique impulsion de Max Steens, qui aime sortir des sentiers battus, même ceux qui ne sont battus que par les « nôtres », trois thématiques ont été mises en exergue depuis novembre 2007 :
  • 1) Une relecture innovante de Georges Bernanos, dans le sillage que nous avait indiqué Laurent Schang, il y a quelques années ; Steens a proposé aux stagiaires et sympathisants de relire les textes d’après la seconde guerre mondiale, notamment certaines conférences de 1946, où notre écrivain français, pourtant hostile au fascisme et au nazisme pendant la deuxième « grande conflagration », ne salue pas la victoire de l’américanisme et du bolchevisme (pour reprendre la terminologie de Heidegger) et constate avec effroi l’abomination dans laquelle sera très vite jeté notre monde : celui-ci sera concentrationnaire car la démocratie moderne participe, selon Bernanos, de la même perversité concentrationnaire que le nazisme qu’elle a si vigoureusement combattu. L’administration bureaucratique, hypertrophiée et obèse (Baudrillard) qu’elle génère, tel un cancer, est le reflet le plus patent de cette perversité concentrationnaire.
  • 2) Vu la forte concentration de romanistes et de philosophes issus de Louvain-la-Neuve dans le cercle des amis de Steens, la deuxième thématique est l’œuvre de René Girard, Mensonge romantique et vérité romanesque. Pourquoi mobiliser Girard ? Lubie de Steens ? Non, répond-il, avec la véhémence enthousiaste qu’on lui connaît : Girard a entamé une recherche sur la mimésis et le désir triangulaire (que l’on retrouve chez Freud et Hegel), présents dans les œuvres, classiques autant que cardinales, de Cervantès, Stendhal, Proust, Dostoïevski. L’objectif est de former, bien évidemment, des professeurs de français, de morale laïque ou de religion, capables de dire autre chose à leurs étudiants (en dépit de l’effondrement culturel actuel) que les banalités imposées par le nouvel univers concentrationnaire à drapeau démocratique, que dénonçait Bernanos.
  • 3) La troisième thématique repose sur un ouvrage moins vaste mais très pertinent, celui de Richard Millet, Désenchantement de la littérature, où l’auteur dénonce et fustige l’effondrement de l’école et de la langue, avec force références à Nietzsche et Heidegger. Pour Millet, cette chute cataclysmique entraîne une mutation ontologique de l’être humain.

DUISBURG / RUHRGEBIET : Le 5 janvier 2008, forum de discussion islamique (sunnite) www.ahlu-sunnah.de publie en enregistrement vocal deux conférences tenues lors du congrès de la « Gesellschaft für freie Publizistik » de 2006, celle, remarquable de Safet Babic (« Historische Angriffe der Türken gegen Europa am Beispiel Bosniens ») et celle de Robert Steuckers, intitulée « Kampf der Kulturen ». Ce titre peut faire penser qu’il s’agit de digressions sur le travail de Samuel Huntington, dans une perspective néo-conservatrice. Il n’en est rien. Cette conférence visait à dénoncer l’ennemi principal, c’est-à-dire les Etats-Unis, dans la perspective schmittienne de « raumfremde Macht », de « puissance étrangère à notre espace européen/eurasien », mais, simultanément, de dresser la liste des alliés musulmans des Etats-Unis, en l’occurrence certains filons dérivés de matrices hanbalites et wahhabites qui n’ont eu de cesse de ruiner les puissances musulmanes intelligemment syncrétistes ou de détruire les ressorts du nationalisme arabe issus de la pensée politique et pratique de Michel Aflaq, de Gamal Abdel Nasser et de Saddam Hussein, un nationalisme qui pouvait, lui, être un allié de l’Europe, contrairement aux avatars du hanbalisme et du wahhabisme qui ont plus d’un trait commun avec le fondamentalisme puritain, formant le socle de l’américanisme le plus agressif, ce qui explique l’alliance entre ces extrémismes religieux, monothéistes et messianiques, contre toute autre façon de concevoir la politique. Dans le contexte allemand, les arguments de M. Steuckers rejoignent en gros ceux de Peter Scholl-Latour. Dans le contexte français, ils rejoignent ceux de toute une série de géopolitologues qui ont analysé l’histoire de la Turquie (dont Jean-Paul Roux), de l’Iran (Roux également, ainsi que Bernard Hourcade) ou de l’Arabie Saoudite. Le texte de la conférence (du moins la version écrite à paraître) contient une analyse assez fouillée de l’histoire de ce pays et du wahhabisme, qui puise notamment dans l’œuvre de Benoist-Méchin. On trouve les deux conférence de Babic et Steuckers directement sur http://www.file-upload.net

MADRID : La version espagnole de l’encyclopédie en ligne « Wikipedia » consacre une entrée asses brève au général et géopolitologue autrichien Heinrich Jordis von Lohausen, avec comme document le texte de Robert Steuckers, ayant servi d’éditorial au numéro de « Vouloir » sur la géopolitique et dédié au Général. Ce texte est intitulé « Hommage au Général-Baron Heinrich Jordis von Lohausen à l’occasion de son 90ème anniversaire ». Source : http://es.wikipedia.org/

BRUXELLES : Parution du 293ème numéro du « Bulletin célinien », œuvre de l’infatigable Marc Laudelout, avec, notamment, les contributions suivantes : P. L. MOUDENC, « Albert Paraz, 50 ans après » ; Marc LAUDELOUT, « Jacques Brenner et Dominique de Roux » ; Marc LAUDELOUT, « P. A. Cousteau, Céline et la Quatrième République » ; Marc LAUDELOUT, « La mort de Montandon » ; Frédéric SAENEN, « Les revues littéraires sous l’Occupation » ; Jean-Paul LOUIS, « L’Année Céline 2006 » ; etc. Adresses : Bulletin Célinien, BP 70, B-1000 Bruxelles 22 – Belgique ; celinebc@skynet.be ; site : http://louisferdinandceline.free.fr/

LOZANNE : Parution du n°34 de la revue Terre & Peuple, dirigée par Pierre Vial. Les thématiques centrales de ce numéro seront discutées lors des soirées organisées par le mouvement « T&P » à Bruxelles, Liège ou Charleroi. Nous retiendrons pour notre part les articles suivants : Jean HAUDRY, « La cruche de Brno » ; Dr. Pierre COSTAZ, « La Déesse-Mère de Notre Dame de la Vie » ; H. P. FALAVIGNA, « La prise d’otages de Beslan et les perspectives d’avenir de la politique russe » ; Tomislav SUNIC, « L’histoire victimaire comme identité négative » (cf. http://doctorsunic.netfirms.com ). Le dossier central de ce numéro étant consacré aux Balkans et au Kosovo, les débats qui tourneront autour de cette publication nous permettrons de réactiver toute la documentation que « Synergies Européennes » a rassemblée sur la géopolitique et l’histoire de cette région d’Europe.

BRUXELLES : Le numéro 74 de « Renaissance Européenne », organe de « T&P-Wallonie », reproduit un texte de « Synergies Européennes » : celui de Günther Deschner, intitulé « La CIA en Allemagne », dénonçant les manipulations et les coups tordus des services secrets américains en Allemagne de l’Ouest, pendant et après la Guerre Froide. L’original allemand était paru en janvier 2007 dans l’hebdomadaire berlinois « Junge Freiheit ». Signalons aussi que « Renaissance Européenne » n°74 nous livre un compte-rendu détaillé sur le colloque identitaire de Sint-Pieters-Leeuw (cf. supra) du 1 décembre 2007. Il reproduit en traduction française un compte-rendu rédigé par un de nos amis gantois ; le texte de Pierre Vial, qui a été lu en son absence ; l’allocution de Kris Roman, dirigeant de l’association « Eurorus ». Signalons encore d’amples recensions des revues « Terre & Peuple » (n°33) et « Hyperborée » (cf. supra) (n°5). Adresse : Renaissance Européenne, Secrétariat, Avenue G. Mullie 55/13, 1200 Bruxelles.

PARIS : Le 7 janvier 2007, le blog
« Vertus & Combat » fait paraître à son tour le texte de « Moestasjrik », pseudo (*) bien plaisant de l’orientaliste flamand qui œuvre dans la rédaction du « ‘t Pallieterke », sur les Sikhs et la Khalsa. Rappelons que le site « Vertus et Combat » a déjà publié plus d’un texte émanant des anciennes publications de « Synergies Européennes », ainsi que de nouveaux textes, diffusés sur le net [* : en français la traduction de ce pseudonyme équivaudrait à « Riri la Moustache »].

RIJKS-VLAANDEREN / FLANDRE IMPERIALE : Basé en Flandre Impériale, dans le triangle Alost/Termonde/Erembodegem, patrie de Marc Eemans, le site multilingue « European Friends of Russia » fait paraître le 8 janvier 2008 un texte de Robert Steuckers intitulé « Restauration poutinienne et nouvelles perspectives géopolitiques ».

DENDERMONDE (TERMONDE) : Le site « Eurorus », animé par Kris Roman, publie en date du 8 janvier 2008, le texte de Robert Steuckers, « Restauration poutinienne et nouvelles perspectives géopolitiques ». Ce texte est ensuite repris en date du 28 janvier 2008. Référence : http://eurorus-altermedia.info

PARIS : Le 9 janvier 2008, le blog Vertus & Combat publie un texte de Robert Steuckers, datant de 1991 : « Individu ou Communauté ? A propos de la querelle qui oppose le GRECE au Club de l’Horloge ». Ce texte prévient contre toutes les dérives libérales fondées sur la méthodologie individualiste chère à Hayek. Il rappelle également les stratégies sociales gaulliennes de l’intéressement et de la participation.

PARIS : Le site de la revue « Vouloir », qui collationne également les archives de l’EROE des années 80, publie le 10 janvier 2008, le texte de Saverio Borgheresi, « Quand les Philippines devinrent colonie américaine », paru naguère dans le quotidien romain « Rinascita ». Ensuite, même jour, « Le fascisme entre Orient et Occident » de Michelangelo Ingrassia, paru en 2000 dans le mensuel romain « Area ». Le 9 janvier, le site avait affiché « La symbolique politique du Loup » de Karlheinz Weissmann, paru auparavant dans l’hebdo berlinois « Junge Freiheit ». Le site de « Vouloir » prend le relais de « Synergies/France » à Paris. Références : http://vouloir.hautetfort.com . Signalons également que ces textes sont repris sur un autre site : http://technocrati.com/blogs/vouloir.hautetfort.com

PARIS : Le 10 janvier 2008, le blog « Catalaxie » fait paraître sur la grande toile un texte diffusé en traduction française par « Synergies Européennes » : « Ernst Kantorowicz, biographe de Frédéric II de Hohenstaufen », dû à la plume de Stefan Pietschmann et paru en 2000 dans les colonnes de l’hebdomadaire berlinois « Junge Freiheit ». Ce texte doit servir d’introduction à la longue étude qu’avait préparée Max Steens pour l’Université d’été 2000 de « Synergies Européennes », tenue à Groppello di Gavirate en Lombardie. Cette étude est régulièrement présentée aux stagiaires de « Synergies Européennes ».

STRASBOURG :
Le site alsacien de l’agence de presse « novopress » (http://alsace.novopress.info ) a repris, le 13 janvier 2008, l’entretien accordé à Dimitrij Grieb, de l’hebdo viennois « zur Zeit », par le Professeur Bernd Rabehl, ancien bras droit de Rudi Dutschke. Cet entretien avait été traduit par Robert Steuckers et déjà diffusé par « voxnr.com » (cf. supra).

GAND : Le 13 janvier 2008, le site officiel des étudiants nationalistes flamands (NSV) publie dans sa rubrique « Archives » un entretien que Robert Steuckers avait accordé il y a quelques années à la revue flamande « Branding » sur la question turque, intitulé « Turkije behoort niet tot de EU ». Cet entretien, au fond, n’est plus fort actuel car, à la suite des derniers événements en Irak, notamment dans le Kurdistan irakien, la position de la Turquie a changé. Nous étions contraints de la fustiger avec fougue au moment de l’invasion otanesque des Balkans, où le tandem Clinton / Albright envisageait, avec l’aide d’Ankara, de forger la fameuse « dorsale verte » ou « dorsale islamique » entre la Mer de Marmara et l’Adriatique, ce qui était fondamentalement contraire aux intérêts géopolitiques et géostratégiques de l’Europe. C’était un retour du facteur ottoman dans le sud-est de notre sous-continent. La présence américaine en Irak, et surtout dans la région de Mossoul qui revient de droit à la Turquie, a changé la donne : l’opinion publique turque n’est plus guère américanophile et l’anti-américanisme turc constitue un système conceptuel intéressant à suivre. L’entretien de Steuckers à « Branding » évoque toutefois l’accord qui pourrait émerger entre une Europe redevenue « impériale » et la Turquie sur Mossoul mais sans développer cet argument et sans parler du nouvel anti-américanisme turc.

PARIS : Le 15 janvier 2008, le
blog « Vertus & Combat » affiche un texte diffusé par « Synergies Européennes » : « Globalisation, néo-libéralisme et ‘homme flexible’ » de Brigitte Sob. L’original était paru dans l’hebdomadaire viennois « zur Zeit », fin 2007.

LISBONNE :
Le 15 janvier 2008, l'antenne portugaise de Novopress http://pt.novopress.info publie sous le titre de « Cronica belga : Um português na « 4ème Fête de l’identité » un reportage du journaliste Duarte Branquinho sur le colloque tenu le 1er décembre 2007 à Sint-Pieters-Leeuw, avec la présence d’Alain Soral et d’Eddy Hermy (cf. supra). Il est aussitôt repris, le même jour, par un autre site portugais, http://penaeespada.blogspot.com .

PARIS : Le 16 janvier 2008, le site L'Insolent publie une étude intéressante de Jean-Gilles Malliarakis, intitulée « Maurras, père putatif des souverainistes. Mais l’ont-ils seulement lu ? ». Cette étude critique du souverainisme français contemporain a le mérite de venir de France et d’être issu d’une plume (et d’une voix…) qui ne ménage jamais ses efforts pour défendre et sa patrie française et sa grande patrie européenne. Elle doit être lue et relue, surtout aux « écoles de cadres ».

AMSTERDAM : Le 17 janvier 2008, l'antenne néerlandaise de Novopress http://nl.novopress.info republie un entretien déjà fort ancien que R. Steuckers avait accordé à la revue étudiante flamande « Branding », sur le question, turque (« Turkije behoort niet tot de EU » / « La Turquie n’a rien à faire dans l’UE ») (cf. supra).

PARIS : Le 17 janvier 2008, le
blog « Vertus & Combat » affiche la liste de tous les nouveaux articles disponibles sur le blog euro-synergies entre le 1er et le 31 décembre 2007.

PARIS : Le très beau blog de stratégie et de questions militaires, « Theatrum Belli » (http://theatrumbelli.hautetfort.com) reprend un texte diffusé récemment par « Synergies Européennes », dû à la plume de Karl Weinhold, célébrant l’appel, en janvier 1919, à former un parlement indépendantiste irlandais en dépit du refus des autorités britanniques.

LIEGE / VERVIERS : Pour janvier-février, regroupés autour de Xavier Hottepont et Philippe Banoy, les stagiaires liégeois et verviétois de l’école des cadres auront pour tâche de lire un texte court et classique de Marcel De Corte, intitulé « De la dissociété », paru aux éditions Remi Perrin, et de comparer la teneur et les arguments de l’opuscule dense de De Corte, qui fut, rappelons-le, professeur de philosophie à l’Université d’Etat de Liège, à ceux avancés par un livre actuel, au ton bien moins traditionaliste et où l’on trouve assez souvent des accents propres à la « gauche plurielle », celui de Jacques Généreux, La Dissociété, paru au Seuil en octobre 2006. Généreux pose comme thèse principale que les sociétés authentiques, c’est-à-dire celles qui ne sont pas disloquées par le phénomène de la ‘dissociété’, sont soudées par la solidarité et le primat du bien commun. Solidarité et bien commun qu’il entend faire revivre sinon restaurer. Dans la perspective d’un nouvel engouement pour l’idéal de solidarisme en Flandre aujourd’hui, la lecture de ces deux ouvrages nous paraît intéressante voire impérative. A noter également que les équipes de Bruxelles et de Flandre Impériale préparent, sur la même thématique, une journée de lecture sur le livre de Marie-Claude Blais, La solidarité – Histoire d’une idée, Gallimard, 2007. Livre qui sera lu conjointement aux pages sur cette même thématique de la solidarité, parues dans l’œuvre encyclopédique de Sirinelli sur les droites en France.


07.05.2007

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VOULOIR

revue culturelle pluridisciplinaire



« Vouloir » était une revue culturelle pluridisciplinaire, liée au début de son existence à la vaste nébuleuse des publications dites de « nouvelle droite », avant de s’en détacher en 1992. Elle a été fondée en novembre 1983 par Robert Steuckers et Jean-Eugène van der Taelen.


En octobre 1980, Robert Steuckers fonde, avec l’assistance d’un groupe d’amis, la revue Orientations, qui s’inscrit, à l’époque, dans le cadre des activités du GRECE-Belgique (« Groupement de Recherches et d’Études sur la Civilisation Européenne »), dirigé par Georges Hupin. Ce fut une conférence sur les théories géopolitiques, tenue à la Tour du Midi à Bruxelles, qui fut l’occasion de lancer cette publication qui devait épauler, sur le plan théorique, la revue de Georges Hupin, Pour une Renaissance Européenne, organe de liaison des membres et amis du GRECE-Belgique. Orientations devait être l’organe belge francophone correspondant à la revue Études et Recherches émanant du SER (« Secrétariat Études & Recherches ») du GRECE français, où œuvrait notamment Guillaume Faye.

Un premier numéro (n°0) d’Orientations paraît le jour de la conférence sur les théories géopolitiques, le 30 octobre 1980, où Robert Steuckers et J. de Raffins d’Ourny prirent la parole. Ce numéro fut essentiellement consacré au livre du Général Baron autrichien Heinrich Jordis von Lohausen (Mut zur Macht. Denken in Kontinenten, 1979), aux travaux de l’Américain Colin S. Gray (qui relancera les théories géopolitiques aux États-Unis), à l’ouvrage de Guido Giannettini (sur le conflit sino-soviétique en Extrême-Orient) et sur les atlas historiques de l’historien et géographe écossais Colin McEvedy.

La parution d’Orientations est alors interrompue car Robert Steuckers deviendra de mars 1981 à décembre 1981 le secrétaire de rédaction de la revue Nouvelle École, dirigée par Alain de Benoist. Steuckers participera à deux dossiers de Nouvelle École, l’un consacré à Vilfredo Pareto, l’autre à Martin Heidegger. À la suite de divergence de vues entre les deux hommes, Steuckers revient à Bruxelles et relance aussitôt Orientations.

Trois numéros paraîtront en 1982, avant que Steuckers n’interrompe la parution pour raisons de service militaire ; l’un de ces numéros sera consacré à la vision de l’histoire d’Oswald Spengler ; le second à des mélanges (dont un article important du Dr. Armin Mohler, théoricien de la Révolution conservatrice et animateur principal, à l’époque, de la « Siemens Stiftung » de Munich) ; le troisième à la problématique, très actuelle, du national-neutralisme allemand. La Ville de Berlin, encore divisée, venait, par une exposition magistrale, de renouer avec son passé prussien ; l’hostilité à l’installation des missiles américains en RFA faisait basculer plusieurs figures marquantes de la gauche allemande dans le camp national (dont le fils de Willy Brandt, Peter Brandt, auteur d’un ouvrage de référence sur la question à l’époque), sans pour autant épouser les thèses de l’extrême droite nationaliste. Steuckers prenait, mutatis mutandis, pour modèle la politique de la revue allemande Wir Selbst, dirigée par Siegfried Bublies à Coblence. Bublies, issu des milieux de la droite nationale, avait opté pour une ouverture à gauche et venait de lancer, fin 1979, sa revue Wir Selbst (traduction du gaélique irlandais Sinn Fein) qui connaîtra un succès retentissant et fera beaucoup parler d’elle. Au début, cette ouverture à gauche, renforce encore le froid entre Steuckers et l’équipe parisienne autour d’Alain de Benoist, qui officie à l’époque dans la presse conservatrice (Figaro Magazine, Magazine Hebdo), plus ou moins liée au RPR, alors même que les cadres du GRECE avaient invité Steuckers à prononcer une conférence à leur tribune interne (celle du « Cercle Héraclite ») sur le national-neutralisme allemand et que cette conférence n’avait rencontré aucune objection.

Un quatrième numéro paraît dès l’automne 1983, quand Steuckers rentre des armées et s’installe définitivement à Bruxelles. À la parution de ce quatrième numéro, Jean-Eugène van der Taelen, qui soutenait Orientations depuis le printemps 1982, suggère de donner un rythme plus régulier aux parutions et offre gratuitement les infrastructures de son entreprise pour organiser débats et conférences. Pour Jean-Eugène van der Taelen, les dossiers d’Orientations étaient trop copieux pour assurer une parution régulière et fidéliser les abonnés et sympathisants. Jean-Eugène van der Taelen accepte donc de parrainer les revues et les initiatives du SER belge, qui prendra alors le nom d’EROE (« Études, Recherches & Orientations européennes ») pour éviter de dépendre de Paris et pour assurer une indépendance totale des groupes non français, comme le souhaitaient également les Milanais, regroupés autour de Stefano Vaj.

Pour assurer une parution régulière, avec une publication plus réduite quant au nombre de pages, et pour marquer l’indépendance des pôles belges vis-à-vis de Paris, Vouloir devient l’organe de l’EROE et fonctionnera sans recevoir d’instruction du GRECE parisien. Jean-Eugène van der Taelen invente le nom et le graphisme (première mouture) de Vouloir, qui est lancé en novembre 1983.

La revue contient dans un premier temps des recensions de livres et de brefs éditoriaux collés à l’actualité. Elle annonce les conférences et colloques de l’EROE qui se tiendront de 1984 à 1991. Cette année-là, Vouloir prendra la place d’Orientations (qui cessera de paraître avec son treizième numéro, consacré à la figure du philosophe pessimiste roumain Emil Cioran). Vouloir publiera des dossiers sur le nationalisme, le futurisme (tous deux avec la participation de Charles Champetier, futur adjoint d’Alain de Benoist), les nations celtiques de Grande-Bretagne (Pays de Galles, Cornouailles, Ecosse ; avec l’appui de l’association britannique IONA), le post-modernisme (surtout tel qu’il fut présenté par l’Allemand Welsch), le judaïsme contemporain, l’économie, l’islam, le national-communisme, le conflit des Balkans, etc. En tout, 113 numéros paraîtront. Outre Steuckers, les principaux collaborateurs de Vouloir furent Ange Sampieru et Louis Sorel.

L’intérêt de la revue résidait essentiellement dans le fait qu’elle publiait un très grand nombre de traductions de l’allemand, de l’italien, de l’espagnol et du russe (dont plusieurs textes d’Alexandre Douguine/Dugin). Les textes émanaient pour la plupart de revues plus ou moins proches de la mouvance « nouvelle droite ».

En 1994, la revue reçoit une nouvelle numérotation et fait paraître neuf numéros jusqu’en 1999. Les dossiers de cette période ont été consacrés aux visions de l’Europe, à Julius Evola, à la guerre dans les Balkans, au socialisme belge, à la modernité, au communautarisme américain contemporain, à Martin Heidegger, à Ernst Jünger (pour son centenaire), à la Russie, à la Révolution conservatrice allemande, au néo-paganisme actuel, à la géopolitique et à la « Nouvelle droite » (dossier très critique scellant la rupture définitive avec les réseaux d’Alain de Benoist, survenue quelques années plus tôt).

Le dossier géopolitique, de 1997, a été établi en hommage au Général-Baron Heinrich Jordis von Lohausen, pour son 90ème anniversaire. Ce dossier contenait un texte de Guido Giannettini, sur la vision eurasienne du pantouranisme turc, et plusieurs textes du géopolitologue suédois Bertil Häggman, animateur d’un centre géopolitique à Helsingborg en Suède. Louis Sorel et Robert Steuckers y traitaient des grandes figures de la géopolitique, articles complétés de bibliographies assez complètes de Haushofer et de Mackinder. Ce numéro atteste de la continuité des recherches entreprises par l’équipe de Vouloir, ce qui distingue la revue des autres entreprises de « Nouvelle droite » où les ruptures et les recompositions idéologiques, les changements d’options philosophiques, se succédaient à un rythme assez rapide, provoquant le désarroi chez bon nombre de lecteurs.

En butte à l’hostilité constante d’Alain de Benoist, qui ne voulait pas d’autres revues rédigées en français dans la mouvance qu’il considérait comme la sienne, Vouloir a néanmoins coopéré loyalement avec le GRECE entre 1983 et 1987 et, après une première rupture de deux années, entre 1989 et 1992 (à la demande initiale de Charles Champetier, qui finira par adopter, à l’encontre de la revue belge, les positions hostiles d’Alain de Benoist). En 1992 survient la crise définitive, qui consomme la rupture entre Alain de Benoist et Charles Champetier, d’une part, et Robert Steuckers et Jean Eugène van der Taelen, d’autre part. En 1993, après la disparition d’Orientations, Vouloir prend sa place et son supplément devient Nouvelles de Synergies Européennes à partir de mai 1994. Cette fois, les deux revues s’inscrivent dans le cadre de l’Association « Synergies Européennes », qui sera créée par des dissidents du GRECE, des animateurs de l’EROE et des lecteurs de Vouloir, après la rupture de décembre 1992 avec le GRECE, centré autour d’Alain de Benoist. Désormais les deux groupes organiseront leurs propres universités d’été.

Jean-Eugène van der Taelen meurt en janvier 1996.

En 1999, la revue Vouloir cesse de paraître. Son supplément Nouvelles de Synergies Européennes parait jusqu’en octobre 2002. Au fil de l’épée, devenu supplément de Nouvelles de Synergies Européennes, survit jusqu’en novembre 2003. Depuis lors, les textes sont envoyés sur la « Grande Toile » et repris par plusieurs sites, d’obédiences diverses.

Vouloir
n’a jamais soutenu aucun parti politique ni servi de tribune pour autre chose que l’EROE ou « Synergies Européennes ».

 

Hommage à Jean Eugène van der Taelen (1917-1996)


(Synergies Européennes – janvier 2006) – Il y a tout juste dix ans que disparaissait notre très cher ami Jean Eugène van der Taelen, laissant un vide terrible derrière lui, qui n’a plus été comblé dans la mouvance identitaire en Belgique romane. Pour lui rendre hommage, nous avons choisi de rediffuser le texte que lui avait consacré Robert Steuckers, quelques semaines après son décès. Jean reste un exemple admirable de militantisme : la maladie le minait qu’il restait un fidèle assidu au réunion. Il était toujours présent. C’est pourquoi, à l’appel de son nom, aujourd’hui encore, je suis sûr que, là où il est, il répond toujours : “Present !”.

 

Né à Zürich en 1917 où son père exerçait des fonctions consulaires, Jean Eugène van der Taelen a vu le jour dans une maison où se bousculaient négociateurs de toutes sortes, où Allemands et Français parle­mentaient pour s’échanger des prisonniers blessés et où, un jour, un célèbre exilé russe de passage s’est penché sur son berceau : Vladimir Illitch Oulianov, dit Lénine. Le vainqueur de la révolution d’octobre a-t-il transmis le virus de l’activisme politique au petit Jean ? En tous cas, il ne l’a pas mis au service des mêmes causes que le premier leader de la Russie bolchevique.

Toute la vie de Jean van der Taelen a été une protestation contre le monde politique belge qui échafaude des systèmes de gouvernement et impose une fiscalité pour perpétuer sa médiocrité, sans que le peuple n’en tire jamais le moindre bénéfice à long terme, sans que les artistes ne puissent faire valoir leurs ta­lents, sans que les chercheurs ne puissent continuer leur œuvre. Au contraire, tous les gouvernements suc­cessifs que nous avons eus ont provoqué l’exode à l’étranger des gens de qualité, vidé nos universi­tés de leurs cerveaux les plus hardis, contraint des dizaines de milliers d’universitaires à prendre la route des Etats-Unis, du Canada, de l’Australie ou de la France. Tant les règles de gouvernement ou de fiscalité sont étouffantes, tant les conventions imposées par les partis socialistes ou démocrates-chrétiens à l’idéologie nulle et médiocre sont rédhibitoires pour toute recherche cohérente, tant le fonctionnement des appareils et des machins où grenouillent les sbires de la partitocratie ou du syndicalisme exige l’argent durement gagné par nos élites et les privent du droit — pourtant inaliénable — de s’acheter des livres, de voyager, de participer à des colloques, d’éditer leurs textes, de bénéficier de bonnes bibliothèques. Non : dans son étroitesse d’esprit, le régime a préféré investir dans l’ONEM — qui n’a jamais réduit le chômage du moindre pourcent — ou financer des syndicats qui n’ont pas sauvé l’emploi ou nourrir des hordes de fonctionnaires inutiles, recrutés par le Plan Spitaels ou par une autre incongruité administrative inventée par des hommes qui ont perdu depuis longtemps tout contact avec le terrain. Moralité : ces investisse­ments ont été définitivement perdus. Notre argent s’est envolé dans les fumées générées par quelques technocrates incompétents ou dont la seule compétence est de posséder la carte d’un parti aux idées sclérosées. Il aurait mieux valu voir les alcooliques de l’ONEM, les dépressifs de nos ministères, les ronds-de-cuir sans relief, les braillards de la FGTB ou autre ACW quitter nos cieux et aller ouvrir des ba­raques à frites à Honolulu ou devenir gardiens de parking à Johannesbourg ou garçons-vachers au Texas. Pour financer leurs sinécures, des artistes ou des médecins, des ingénieurs ou nos excellents pa­ramédicaux, nos intellectuels et nos cadres dynamiques ont dû prendre le chemin de l’exil.

Par ces quelques phrases cinglantes, je crois avoir bien résumé les opinions et les rages de Jean van der Taelen, qui cherchait sans repos l’initiative qui allait réveiller notre peuple endormi. C’est dans les corri­dors du Palais des Congrès de Versailles ou de celui de la Porte Maillot à Paris que j’ai dû apercevoir et saluer Jean van der Taelen pour la première fois, entre 1978 et 1980, à l’époque où la « Nouvelle Droite » d’Alain de Benoist avait le vent en poupe et n’avait pas encore chaviré dans le sociologique, l’hexagonal et dans les tentatives de résoudre la quadrature du cercle. En 1980, en tout cas, Jean et moi avons échangé quelques mots dans la grande salle de la Tour du Midi de Bruxelles, où l’antenne belge de la « Nouvelle Droite » organisait ses “grandes conférences”, sous l’égide de Georges Hupin. Puis nous nous sommes perdus de vue pendant quatorze ou quinze mois. Jean van der Taelen était alors une cheville ou­vrière de l’UDRT, cultivant l’espoir que ce parti des indépendants — également indépendants des syndi­cats et des partis —, des petits contribuables lésés, de tous ceux à qui l’on voulait confisquer leur dignité, leur maigre indépendance, pour en faire des rouages ternes de la grande machine sociale à broyer les âmes dont rêvent nos technocrates socialistes et qu’ils considèrent sans rire comme l’aboutissement de tous les efforts humains. Quand on parle d’ “humanisme”…

Parallèlement à cet engagement politique dans le parti de Robert Hendrick, Jean van der Taelen s’était branché sur le syndicalisme des indépendants et sur les associations professionnelles, notamment celles des maisons de retraite privées (car c’était devenu sa profession). L’idée-force de Jean, dans toutes ces démarches, c’était de défendre bec et ongles les réalités sociales contre l’intervention d’un Etat qui n’est plus un Etat au sens politique du terme, mais un éventail d’instruments au service de préva­ricateurs sans scrupule. Pour lui, le peuple avec son génie et ses défauts, avec ses initiatives, son goût du travail bien fait ou sa jovialité, devait toujours obtenir gain de cause face aux fabrications institution­nelles, aux appareils qui restent inchangés, rigides, froids, alors qu’autour d’eux la vie invente à chaque seconde mille et une nouvelles possibilités. Si une nouveauté germe dans un cerveau, si un ingénieur in­vente un nouvel appareil, si un médecin crée une nouvelle thérapie, ce cerveau, cet ingénieur ou ce mé­decin ne doivent pas quémander au fonctionnaire le droit de vendre ou de vivre, de guérir ou de soulager. C’est au fonctionnaire de l’administration à s’adapter immédiatement, sans discuter, sans émettre d’ob­jection, car son rôle social est par définition moindre, inférieur, à celui du créateur qui se positionne dans des continuités intellectuelles ou technologiques qui existent depuis que l’homme existe et qui con­tinue­ront à exister quand toutes les administrations se seront effondrées. Quant aux institutions, elles doivent suivre la même marche : s’adapter chaque jour aux innovations intellectuelles ou technologiques ou périr. Jean van der Taelen avait là le culte de la vitesse : notre régime était à ses yeux fondamentale­ment mau­vais, pervers, voire crapuleux, parce qu’il était lent et lourd, parce qu’il freinait les élans vitaux. Lubie d’un citoyen pressé ? Fantasme d’un incorrigible effervescent ? Peut-être. Mais ce sont exactement les propos qu’a tenus le célèbre futurologue américain Alvin Toffler dans son livre de 1990, Nouveaux Pouvoirs.

Début 1982, c’est donc un cadre de l’UDRT qui m’écrit pour me demander ce que devenait la «Nouvelle Droite» en Belgique et si c’était vrai que j’éditais une revue dans cette “ligne” (Orientations). Le projet l’em­ballait, nous avons sympathisé et un an plus tard, Jean van der Taelen me soumettait le projet d’un bi­mestriel, Vouloir, que j’ai accepté au bout de trente secondes. Jean a payé les dix premiers numéros, sau­vant de la sorte ce qui restait de la « Nouvelle Droite » en Belgique francophone. Le salon de la « Ré­si­dence 200 » (la maison dirigée par Jean van der Taelen), les salles du Métropole, de l’Hôtel Atlanta et du Bed­ford, verront se succéder de 1982 à 1991 des dizaines de conférences, séminaires, colloques et dé­bats, sur tous les sujets possibles et imaginables, permettant à Vouloir de conquérir son fidèle lectorat de base.

Mais, une fois Vouloir lancé, l’énergie débordante de Jean van der Taelen ne se calme pas… Les derniers soubresauts de l’UDRT, sur laquelle il avait beaucoup misé, ne le découragent pas. Aussitôt, dans le sil­lage du Sénateur PRL Jean-Pierre de Clippele, il se lance à corps perdu dans l’entreprise “Ligue des Contribuables”, dont il dirigera le bulletin. Lancer une telle initiative en Belgique est hasardeux, car nous ne pouvons pas compter, dans notre pays, sur assez de membres pour transformer une ligue de ce type en un puissant lobby. Comme pour toute initiative en Belgique, il faut un poumon extérieur, des corres­pondants dans les pays voisins. Cette logique du “poumon extérieur”, Jean l’avait comprise mieux que personne et il prend son bâton de pélerin : il va voir Bloch-Morhange en France, le leader de la ligue fran­çaise, qui avait le patronage de Soustelle; et, multipliant contacts et initiatives, il part à Munich rencontrer les Allemands du Bund der Steuerzahler, animé par celui qui deviendra rapidement son ami, le Baron von Hohenhau. Puis en Scandinavie, pour apprendre comment s’y prend la ligue de Tarass Wahlberg en Suède, pays que nous avons détrôné sur le podium des records de fiscalité. Pour le compte des ligues de contribuables, Jean a voyagé, rassemblé, on l’a vu organiser un colloque à l’Hôtel Astoria de Bruxelles où Français, Britanniques, Scandinaves, Allemands et Néerlandais ont eu le loisir de se rencontrer, on l’a vu dans les séminaires français et allemands, dans les croisières-séminaires en Scandinavie dans les eaux de la Baltique et du Golfe de Botnie, à Washington : au titre de Vice-Président mondial, puis européen, de l’International Taxpayers’ Association.

En même temps que la Ligue des Contribuables, Jean van der Taelen découvre le Club de l’Horloge de Hen­ri de Lesquen et d’Yvan Blot, qui travaille une autre de ses idées-forces : la démocratie directe, que nul, en France, n’a mieux théorisée qu’Yvan Blot, aujourd’hui député européen du Front National français. Dans la revendication de la “démocratie directe”, Jean van der Taelen voyait l’antidote non totalitaire à la partitocratie qui ruine notre pays, comme il a ruiné l’Italie et comme il est en train de ruiner la riche Al­le­ma­gne. Ce fut pour Jean l’occasion de participer à ces remarquables manifestations de niveau uni­versitaire que sont les colloques, séminaires et universités du Club de l’Horloge, fondé en 1978, pour donner à la « Nouvelle Droite » une dimension plus politique, moins spéculative et plus branchée sur le fonctionnement des institutions de la République. À Paris, Nice (la ville qu’il adorait), Aix-en-Provence ou Strasbourg, Jean van der Taelen était toujours présent, parmi les auditeurs, même quand la maladie commençait à le miner et l’affaiblir. Rapidement, Jean veut créer un pendant belge de ce “Club de l’Horloge” qu’il baptise, avec beaucoup d’à-propos, “Club du Beffroi”, parce que les beffrois, dans cha­cune de nos vieilles cités des Pays-Bas méridionaux, depuis les Ducs de Bourgogne jusqu’à l’occupation française, ont été les symboles de nos libertés concrètes, les symboles de cette grande idée politique de nos provinces : la prééminence du peuple sur le pur pouvoir. Sept numéros du bulletin du “Club du Beffroi” paraîtront, avant que le verdict des médecins ne soit devenu sans appel.

Parallèlement au “Club de l’Horloge”, Yvan Blot, député européen, lance le “Cercle Ionien”, un cercle de réflexion philosophique et politique, où l’on tente de réfléchir sur les racines grecques, romaines et catho­liques de notre civilisation. D’emblée, Jean van der Taelen répond présent et, rapidement, une profonde amitié et une formidable complicité finissent par lier ces deux hommes si différents l’un de l’autre.

En 1993, quand je lance avec Gilbert Sincyr, ancien secrétaire général du FN français, l’initiative « Sy­ner­gies Européennes », et que nous redynamisons de concert la « Fédération des Activités Communautaires en Europe », en vue de redonner vigueur à la « Nouvelle Droite » dans le sens où l’entendait Guillaume Fa­ye, son plus brillant animateur des années 70 et 80, Jean van der Taelen est pré­sent dans la lumineuse campagne de Provence, lors de notre première université d’été, rassemblant plus de dix nationalités eu­ro­péennes et extra-européennes, et patronnée par le Prince des politologues fran­çais, l’infatigable ami du “Club de l’Horloge”, l’Alsacien Julien Freund, qui devait nous quitter en septembre 1993.

Quand Pieter Kerstens lance le groupe d’intervention politique “BIS” (Bruxelles-Identité-Sécurité) et invite le député européen Bruno Gollnisch, Vice-Président actuel du FN français, à prendre la parole à Bru­xel­les, Jean répond une fois de plus “présent”. L’ineffable bourgmestre intérimaire Thielemans, rem­plaçant le non moins ineffable Brouhon, a eu l’outrecuidance d’interdire ce meeting. Jean a continué à soutenir le BIS et a voulu le transformer en un lieu de convergence entre tous ceux qui veulent rendre le pouvoir au peu­ple et confisquer le pouvoir aux appareils.

C’est dans ce sens qu’il a appuyé, dans les derniers mois de sa vie, l’initiative de Madame Bastien, visant à consolider un FN en Belgique, plus conforme à son modèle français et aux équivalents allemands, ita­liens ou autrichiens, que les autres tentatives qui ont émaillé la chronique politique belge au cours de ces dernières années.

Jean van der Taelen nous a quitté le matin du 12 janvier 1996, un jour après avoir transmis un dernier dossier à Madame Bastien. Jean est mort comme il l’a toujours voulu : en combattant jusqu’au bout, en ignorant la douleur, la maladie, le souffle très présent de la Grande Faucheuse. Sans jamais se plaindre outre mesure. En donnant toujours la priorité à son engagement politique. C’est en ce sens qu’il est un exemple pour nous tous. Comme les anciens Grecs, comme les Romains de la Vieille République, nous ne sommes rien, notre cité est tout. Nous devons œuvrer sans relâche à restaurer la dignité de notre peuple, sans compter nos efforts. Le jour des obsèques de Jean, sa fille a pris la parole pour nous lire un texte formidable qui disait ceci, en substance : « Tu as quitté la pièce où nous sommes, tu es dans l’anticham­bre, derrière le mur. Et tu dis : continuez à me parler comme si j’étais encore à côté de vous. Surnommez-moi comme vous m’avez toujours surnommé. Parlez-moi sur le même ton ». C’est un conseil qu’il nous fau­dra suivre. Surtout ceux qui l’ont bien connu et qui lui téléphonaient souvent pour échanger opinions, i­dées, projets, et aussi pour communiquer quelques petites misères quotidiennes. Car, en ce domaine, nul n’était meilleur interlocuteur que Jean. Pour son travail et son exemple, un seul mot : Merci. (RS)